Aloha From Hawaii

 

Commentaire de Ph.T

Fortement influencé par le DVD de ce show de légende à Hawaii, retransmis par satellite et vu par plus d'un milliard de spectateurs, il m'est difficile de commenter uniquement la bande audio tout en faisant abstraction des images ( un King physiquement radieux ) qui se bousculent dans ma tête au rythme des chansons. "Pour le concert d'Hawaii par satellite, tout était réglé à la seconde ... ." dit J. Guercio. Elvis doit se plier aux exigences de la technique, aux marques imposées. Et lorsque l'improvisation et le naturel réapparaisent alors qu'il interprète Fever, un mouvement de jambes... et le King disparait littéralement de l'écran TV ! ... aie, encore ces images si difficiles à occulter...

Enregistré en quadriphonie ce spectacle nous permet d'apprécier pleinement et à sa juste valeur, le talent des groupes vocaux (JD Sumner and the Stamps, les Sweet Inspirations) ; de Kathy Westmoreland, soprano ; des musiciens ainsi que celui de l'orchestre mené par J. Guercio.

Pour preuve, écoutez le remarquable Also sprach Zarathustra suivi immédiatement par les divins et endiablés roulements de batterie de Ronnie Tutt annonçant la venue d'Elvis et du traditionel C.C.Rider qui, selon moi, manque de couleurs et de relief. A vrai dire, je trouve l'interprétation assez monotone. Le King serait-il quelque peu intimidé ? Probable.

S'en suit Burning love, titre dans lequel le chanteur se lâche un tantinet en se faisant l'écho de lui-même ("I feel my temperature rising, rising, rising " ..."and nothing can cool me, cool me, cool me". Puis il se libère et se joint aux choristes pour un trés viril "just A HUNK , A HUNK , A HUNK of burning love".

Something, standard de la musique contemporaine, nous démontre à quel point Elvis est perfectionniste et est attaché au moindre détail. Le soutien vocal de Kathy Westmoreland fait ce "petit" plus que la version originale ne possède pas et qui la rend plus sophistiquée, plus aboutie.

Après avoir chanté le blues (Steamroller blues dans lequel, je trouve, la voix du King manque d'énergie mais où James Burton dévoile toute sa dextérité) et la country music (avec, entre autre, I'm so lonesome i could cry pleine de délicatesse), Elvis nous offre quelques uns de ces vieux succès tels Love me et sa coutumière distribution de foulards, Blue suede shoes, Hound dog ou encore A big hunk o' love mettant à l'honneur Glen D. Hardin et son piano magique. Les interprétations sont rapides, caractéristiques de ces années ' 70. Somme toute le résultat est satisfaisant.

Mais, et là j'ai tendance à être d'accord avec J. Guercio lorsqu'il affirme "il n'y a pas eu dans ce show tant de souffle que ça", concernant les moments forts du spectacle (My way, What now my love, It's over, You gave me a mountain...) les réalisations connaissent une carence en matière de conviction de la part du chanteur. Il y a des soubresauts de puissance vocale mais pas soutenus comme à l'accoutumée.

Pour illustration : j'ai écouté plusieurs excécutions de I can't stop loving you de la tournée de Vegas du 26 01 73 au 23 02 73 ( donc quelques semaines après Hawaii) et c'est un fait que la version de ce vinyl manque cruellement de puissance en son final par rapport aux versions de la période concidérée ci-dessus. Plus décontracté, Elvis propose de meilleures interprétations à son public.

Cette absence (relative) de conviction (ou que l'on peut interpréter comme tel)  est, je pense, dûe au stress provoqué par l'importance de l'événement. Le côté trés guindé du show empiète sur le côté improvisation du King, sur son naturel qui font en partie la qualité de ses spectacles.

Il ne faudrait cependant pas oublier la maitrise de nouveautés comme Welcome to my world montrant que l'entente entre les protagonistes est parfaite et même si vocalement Elvis n'est pas au top, il retrouve un peu d'inspiration tant le talent des groupes vocaux, de Kathy et de tous les instrumentistes est communcatif avec American trilogy.
Pour résumer je dirais qu'il n'est pas aisé de parler de Aloha from Hawaii tant les avis divergent au sein même des fans du King. Seule certitude, ce double album sera classé n° 1 et restera présent 52 semaines (certifié multi-platine). Ce 33 t demeure incontournable et chacun se doit de le posséder dans sa discographie du fait de ce qu'il représente dans la carrière d' Elvis. 

 

Album édité en Février 1973 !

Also Sprach Zarathustra
See See Rider
Burning Love
Something
You Gave Me A Mountain
Steamroller Blues
My Way
Love Me
Johnny B. Goode
It's Over
Blue Suede Shoes
I'm So Lonesome I Could Cry
What Now My Love
Fever
Welcome To My World
Suspicicous Minds
Introductions By Elvis
I'll Remember You
Long Tall Sally/Whole Lotta Shakin' Goin' On
American Trilogy
A Big Hunk O' Love
Can't Help Falling In Love
Closing Vamp