Notre Avis

Reviews de CD

Avec la collaboration de Lafise et Philippe !

Mise à jour le 9 août 2009 !!!!!!

 

 


The Wonder Of You - Label Follow That Dream - Dinner Show du 13 août 1970 - Las Vegas !

Par Lafise ( août 2009 ) !

Ah !! Un show de TTWII !!

Mettons les choses au point tout de suite : ça reste un évènement, même si, sur les 6 enregistrés par RCA en août 70, nous en possédons déjà trois en édition officielle (OS 10/08, MS 11/08 et MS 12/08). On en possède aussi en bootleg, dont le dernier 20 Days and Nights d’Audionics (DS 12 août) : un show extraordinaire, mais malheureusement la qualité sonore de ce bootleg laisse un peu à désirer (il faudra patienter encore !). On sait donc bien sûr à quoi s’attendre, on n’est pas surpris ni déçu ( !)…

Et pourtant, ça reste un évènement pour les fans et ça devrait l’être pour tous ceux qui aiment la musique : parce que Elvis est à son sommet, parce que chaque show a une tracklist différente, parce que de toute façon (comme déjà dit ailleurs) ce type n’a jamais chanté deux fois la même chanson ! Il improvise, il varie, et quand il est au top of the game comme en août 70, c’est un régal…

Le DS du 13 août correspond parfaitement à tout ça. Il contient plusieurs titres rares qui sont tous excellents : Don’t Cry Daddy, In The Ghetto, Stranger In The Crowd, Make The World Go Away, The Wonder Of You… on en connaissait déjà la plupart, mais c’est quand même beaucoup mieux de les écouter au sein d’un show complet ! Elvis et le TCB Band sont au top, ils proposent notamment une version d’anthologie (une de plus ! de version, pas d’anthologie) de Polk Salad Annie…Bien sûr, Suspicious Minds fait entendre de subtiles variations par rapport aux versions déjà éditées…La voix d’Elvis est magnifique, fluide et très délicate, il en joue superbement.

Et le son, me direz vous (c’est une blague, vous pouvez pas) ? Excellent bien sûr, mais je crois pourtant que sur ce show un gros travail de mixage a été fait, ce qui rend parfois le son moins « naturel » que celui du MS du 12 août par exemple, ou le son s’impose avec la force de l’évidence. Je crois qu’ici l’objectif était de mixer Elvis au milieu du Band (comme il l’aimait) et pas au dessus du Band, et de ce point de vue c’est parfaitement réussi et ça rend justice au fantastique boulot du Band et des choristes…Il faut reconnaître que, vu la variété des sons présents, les différences entre les niveaux sonores (du parlé aux déchainements orchestraux de certains titres) et l’ajout des chœurs, ce type de show doit être délicat à mixer.

Bilan : c'est du haut niveau bien sûr, on peut y aller les yeux fermés (oreilles ouvertes quand même…)...Est ce que pour autant c'est un show extraordinaire, du style « le meilleur show d'Elvis » ? Je ne crois pas, et c'est bien pour ça qu'on en redemande ! Les shows manquants de TTWII paraissent excellents, sans compter d'autres trésors dormant dans les caves de RCA ! Pour finir, si votre femme vous dit que ce show est le même que celui que vous avez écouté dans l’après midi, faites lui lire cette review !

 

 


The Jungle Room Session - Label Follow That Dream - Outtakes 1976

Par Lafise ( octobre 2008 ) !

Huit ans après sa sortie par FTD, ce CD consacré aux derniers enregistrements faits par Elvis dans la Jungle Room de Graceland en Février et Octobre 1976 reste, je crois, le plus surprenant de la collection et un des plus vendus aussi…Cela tient à plusieurs (excellentes) raisons.

Surprenant car avant lui, on avait vraiment très peu de choses : pas de bootleg, quelques pistes sur Platinum seulement. On avait bien sûr les albums originaux (From Elvis Presley Boulevard et Moody Blue) : sirupeux, chargés par F. Jarvis d’overdubbs noyant la voix d’Elvis, faisant apparaître ces titres comme un appendice terminal boursouflé (qui aime bien…). Ce CD, en proposant les prises nues, réintègre complètement ces titres dans l’œuvre d’Elvis et nous permets de les redécouvrir : beaucoup de fans (pourtant avertis par nature !) ont été surpris de trouver un tel trésor ! Sur ces titres qu’il a tous choisis, on trouve tout simplement la quintessence des qualités d’Elvis en tant qu’interprète : un sens inné de la musicalité, la sincérité de l’interprétation, la simplicité des effets, l’humanité qu’il fait passer par sa voix…Sa voix, justement, n’a jamais été aussi riche (et aussi bien rendue) que sur ce CD : toute à la fois grave et aigue, fragile et forte, elle est pleine de fêlures…Elvis en joue sans bien sûr jamais en abuser, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités….

Les titres réunis ici présentent une très grande unité d'inspiration et de son : on a vraiment l'impression d'écouter un album « construit ». Ajoutez une qualité audio superbe (il faut y insister : quel pied !), un enregistrement chez lui à Graceland avec ses musiciens qui le suivent depuis plusieurs années, quelques faux départs et plaisanteries qui restituent l’ambiance de la session, un inédit instrumental (Fire down below, composé pour Elvis par Jerry Scheff), une piste cachée (la toute fin d’America the beautiful, à la suite de Fire down below), et vous aurez les ingrédients qui ont fait le succès auprès des fans !

La majorité des titres sont des ballades tristes, parlant d’amours déçues et de rêves brisés : on ne les écoute pas pour se coller la pêche, mais on y cotoie Elvis comme nulle part ailleurs, et les quelques morceaux enlevés (Way down, For the heart, Moody blue) sont superbes et pas déplacés.

Quelques titres sont un peu en dessous : He’ll have to go ( oui mais c'est LA dernière chanson enregistrée par le King), For the heart (oui mais c'est un plaisir malgré tout car les arrangements musicaux sont superbes), She thinks i still care (je préfère la version sortie sur Today Tomorrow and Forever)….

Mention spéciale à l’excellente Moody blue, et à la très émouvante It’s easy for you (take 1 à comparer au master overdubbé take 2 !).Solitaire, Love coming down et Blue eyes crying in the rain sont magnifiques également, majestueuses et pourtant si  fragiles, à l'image de leur interprète.

Enfin, Hurt et Pledging my love (jam complet à comparer au master amputé) exhalent un délicat parfum de fifties délicieusement mises au goût du jour : c’est étonnant car on ne retrouve ce son dans aucun enregistrement des seventies…en les écoutant, on pense immanquablement à l’Elvis des débuts et on se dit qu'il a voulu que la boucle soit bouclée. C'est réussi car  franchement, qu’est ce qu’il aurait pu enregistrer après ça (je parle de l’ensemble des morceaux réunis sur ce cd) ?

 Ce CD, où l’homme et l’artiste ne font si intimement qu’un (plus encore que dans le reste de l’œuvre d’Elvis) sonne comme un testament paradoxal. Paradoxal car le  King of Rock and Roll, si vendu, y excelle surtout dans la ballade triste. Paradoxal surtout car on a rarement vu un testament  si riche d'inspirations et d'avenir.

« He was not a great artist for one or two isolated years but for two decades almost continuously. Doubters are advised to listen to the evidence. Defense rests.” (Dave Marsh)

Lafise - Octobre 2008

 

 


Opening Night January 1970

Review par Lafise ( octobre 2008 ) !

Ce CD du fameux label bootleg Madison, qui  nous propose l’Opening Show du 01/26/70, est extraordinaire à plus d’un titre. En effet concernant la deuxième saison d’Elvis à Vegas, nous disposons  somme toute de fort peu de choses : pas de show complet, des tracklists qui se répètent…Depuis 1999 (seulement…) BMG et FTD ont fait un effort pour mieux couvrir cette saison, qui reste chère au cœur des fans,  probablement car le son et les arrangements musicaux sont  superbes et sonnent toujours « contemporains »,  qu’Elvis est au top et que certains titres de cette saison ne seront plus jamais chantés comme cela par Elvis ou même plus chantés du tout (Proud Mary, Kentucky Rain, Long Tall Sally, mais aussi CC Rider…).Au total  toutefois le compte n'y est pas encore pour les fans, qui en redemandent...

Et là, paf ! Un show complet (et l’Opening s’il vous plait…), un son superbe, des inédits ( All shook up, that’s all right, Teddy Bear\Don’t Be Cruel, jamais entendu comme ça ) : la totale.

Et j’oubliais (c’est une blague) LA pépite :True Loves Travels On a Gravel Road, simplement jubilatoire. Last but not least, notre homme est au top : une énergie incroyable, un phrasé et un sens du rythme unique et pourtant si naturel…D'un coup, notre connaissance de cette saison exceptionnelle fait un grand bond en avant !

Le son est très bon, en particulier la voix d’Elvis est très bien rendue, et toutes les ballades sonnet très bien. Il semble également que le son va en s’améliorant au fil du CD ! Les titres violents sont un peu moins bien rendus mais restent magnifiques. L’opportunité de posséder un show complet de cette saison est aussi très intéressante : c’est une tranche de vie non saucissonnée, on a l’impression d’y être, d’autant plus qu’on entends très clairement tout ce que dit Elvis et les réactions de l’audience !Enfin c'est un Opening Show : tout n'est pas parfait (?) mais beaucoup de titres sont interprétés ici pour la première fois en public...Emotion, quand tu nous tiens...

Pour tempérer cet enthousiasme, je dirais que certains titres sont pour moi un peu en dessous : That’s All Right, Proud Mary (les versions déjà connues sont tellement bonnes),I Can’t Stop Loving You, Suspicious Minds (je préfère les versions de 69 ou celles d’août 70)…

En conclusion, il s’agit d’un CD essentiel pour tous les fans, pour toutes les raisons déjà exposées. Les bootlegs  comme celui-ci se comptent avec les deux mains seulement…A l’écoute, vous serez émus et heureux comme un gamin. Mais n’attendez pas Noël pour autant : si vous pouvez vous le procurer, foncez !!

Lafise.

 


The Impossible Dream

Review par Philippe ( mai 2004 ) !

Enfin un soundboard de 1971. Tout d'abord, et sans anticiper sur la qualité du produit proposé (puisque j'écris ces premières lignes avant même d'avoir écouté le CD), on peut remercier BMG (sous la pression des fans) d'avoir édité un concert enregistré à l'International Hotel de Las Vegas (Nevada) en janvier 71. Cette dernière demeurant ainsi jusqu'à présent la seule année post 68 à ne pas avoir encore été documentée par le label en raison du peu de matériel disponible. En effet aucun enregistrement professionnel n'a été effectué pendant la 4° saison d'Elvis à Las Vegas (du 26/01 au 23/02), ni d'ailleurs pendant toute l'année en question, RCA ne disposant pour cette période (d'après Ernst Jorgensen) que de 5 soundboard recordings de qualité sonore moyenne. A noter que 3 d'entre eux ont déjà été édités en imports. Il s'agit des représentations du 27/01 MS, du 28/01 MS et du 29/01 DS.

FTD a donc décidé d'éditer un concert inédit en imports, et d'y ajouter en bonus, quelques-uns des meilleurs titres disponibles issus des autres shows. Le choix s'est porté sur le Dinner Show du 28/01 qui constitue donc l'essentiel du CD. L'enregistrement étant techniquement de qualité inégale, les producteurs ont été contraints de remplacer certains titres endommagés, par d'autres, de meilleure qualité, enregistrés au cours de l'Opening show du 26 janvier.

Avant de commenter en détail les différents titres qui composent le CD, je voudrais préciser que 71 est, en ce qui concerne les concerts proposés par Elvis, une année particulière, voire atypique. Même si Elvis débute ses spectacles avec That's all right, comme il le faisait à Las Vegas depuis le mois d'août précédent, l'une des nouveautés de cette 4° saison (dès le premier concert du 26/01), est l'apparition du désormais célèbre morceau Also Spratch Zarathustra composé par le chef d'orchestre et compositeur allemand Richard Strauss (1864-1949), à la place de l'introduction basée sur Baby I don't care créée en août 1970. En effet c'est à cette époque (janvier 71), que l'orchestre de Joe Guercio commence à interpréter la musique du thème principal du film 2001 A space Odissey réalisé en 68 par Stanley Kubrick. Mise à part quelques rares exceptions ce thème deviendra l'introduction récurrente de tous les shows d'Elvis jusqu'au 26 juin 77, date de son ultime concert.

Il semblerait en effet que 2001 n'ait pas été interprété systématiquement au début de chaque représentation au cours de cette période de janvier-février 71, mais aurait été joué aussi pendant le spectacle entre 2 chansons (comme ce fut le cas semble t il pendant le Dinner show du 30/01/71 entre la présentation des musiciens et Something). Enfin, la seule autre exception date du 19 août 74 au cours de l'Opening show de sa 11° saison à Las Vegas (du 19/08 au 2/9). Ce soir là il débute le concert en interprétant Big boss man à la place de 2001 et de CC rider. Mais n'ayant pas obtenu, selon les observateurs de l'époque, un écho favorable de la part du public, il reviendra, dès le lendemain soir, à un show plus classique.

Depuis son retour sur scène à Las Vegas, fin juillet 69, Elvis avait l'habitude d'interpréter  Can't help falling in love à la fin de ses concerts. L'autre nouveauté de cette 4° saison est le remplacement de ce dernier titre par The impossible dream sur la presque totalité des shows. Dès le premier soir il finit le concert par cette chanson mais interprète quand même Can't help en début de spectacle juste après Love me tender. C'est cette version de Can't help qui figure en bonus sur le CD. Ses dernières interprétations de The impossible dream en fin de concert auront lieu, mais sur seulement quelques shows semble t il, pendant son premier engagement à Lake Tahoë (situé dans le Nevada près de la capitale Carson city) du 20/07 au 2/08/71. Et même s'il continuera bien à chanter encore quelques fois ce titre comme pendant sa tournée du 5 au 16/11/71, ou au cours de sa 6° saison à Las Vegas du 26/01 au 23/02/72 et une seule fois au Madison Square Garden de New York le 10/06/72 ES, il ne le sera plus jamais en fin de concert.

C'est aussi pendant cette année qu'il commence à porter des capes sur ses costumes de scène et ceci vraisemblablement dès la fin du mois d'août pendant sa 5° saison à Las Vegas du 9/08 au 6/09/71.

Au point de vue personnel Elvis débute cette 4° saison avec une grippe. En dépit de l'avis médical défavorable de son docteur, il honorera malgré tout, son engagement envers l'International Hotel, en donnant la totalité des 57 concerts prévus dans son contrat. Cependant, ces derniers ne seront pas tous de très bonne qualité et certains d'entre eux (comme celui enregistré sur le CD) ne dépasseront pas les quarante minutes.

Le répertoire de ce début d'année, quant à lui, ressemble beaucoup à celui proposé en août et septembre 70 lors de sa 3° saison à Las Vegas (du 10/08 au 7/09). En comparant le contenu de ce CD avec celui des concerts d'août 70 déjà édités par BMG à savoir 'One night in Vegas' du 10/08, 'Live in Vegas' du 11/08 MS et 'TTWII SE' du 12/08 MS, tous 3 enregistrés pour le documentaire That's the way it is, on se rend compte que 8 nouveaux titres ont été rajoutés au répertoire. Il s'agit du thème 2001, de Johnny B. Goode, Release me, It's now or never, The impossible dream, Only believe, How great thou art et Snowbird.

 

Le boîtier qui renferme le CD est du même style que tous les autres édités par FTD, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une pochette cartonnée. La photo de couverture, ainsi que celle située sous l'emplacement du disque est de bonne qualité (surtout cette dernière même si elle n'est pas inédite). Il est cependant regrettable que sur la couverture, Elvis ait été écrit en gros caractères, masquant ainsi en partie la photo. Même si le costume présenté ici, communément appelé Now suit, a bien été porté par Elvis durant cette saison à Las Vegas, il n'est toutefois pas précisé s'il s'agit bien de celui porté ce soir là. D'autres clichés (à l'intérieur et au dos de la pochette) le montrent d'une part avec la même tenue et d'autre part avec le rare costume appelé Cisko Kid porté lui aussi pendant cette saison. Dommage qu'elles soient un peu trop petites. Enfin, la liste des titres composant le CD, imprimée en blanc sur fond noir, est une fois n'est pas coutume très lisible. FTD mentionne que le concert date du 28/01/71 mais ne précise pas s'il est issu du Dinner ou du Midnight show, alors que l'information est indiquée en ce qui concerne les titres bonus.

 

RCA n'ayant pas effectué d'enregistrements professionnels pendant l'année en question (ce qui semble être le cas aussi pour 75 et 76), celui-ci est donc un soundboard recording en mono. Même si l'enregistrement n'est pas, comme on pouvait s'y attendre, d'une très grande qualité sonore (surtout si on le compare avec celui, de très grande qualité, du Memphis 74 sorti à la même date par FTD), il reste néanmoins dans l'ensemble, agréable à écouter et légèrement supérieur aux autres éditions des mêmes concerts proposées en imports. J'avoue avoir été plutôt agréablement surpris. La qualité est inégale suivant les titres avec des baisses du niveau sonore et même parfois de brèves coupures comme sur Can't help et Snowbird. La voix d'Elvis est tantôt en avant par rapport aux musiciens tantôt légèrement en retrait. Cependant, la guitare de James Burton et, dans une moindre mesure la batterie de Ronnie Tutt, sont assez en avant sur l'ensemble des titres.

En comparant les 4 différentes sources sonores qui composent le CD, j'ai trouvé que le niveau sonore est plus faible mais peut être plus homogène avec peu de distorsions sur les titres issus du 28/01 que sur ceux provenant du 27/01 où l'ensemble est un peu plus clair avec plus de punch mais contenant plus de défauts. En revanche, les chansons extraites du 26/01 et celle issue du 29, ont incontestablement une moins bonne qualité sonore.

 

Voici le détail des titres composant le CD :

Le thème 2001, extrait donc de l'opening show du 26/01, revêt ici une importance toute particulière puisqu'il s'agit de la première version live jamais jouée par l'orchestre de Joe Guercio. Par rapport aux versions ultérieures que nous avons l'habitude d'entendre, ici le rythme est plus lent, la batterie plus claire et la fin un peu plus rapide. J'ai trouvé aussi qu'il se dégageait une impression de solennité plus prononcée peut être due au fait qu'il s'agit là, d'une première. La première version éditée officiellement par RCA date de l'Evening show du 10/06/72 enregistré au Madison Square Garden de New York.

Alors que nous sommes à quelques semaines du 50° anniversaire de l'enregistrement de That's all right Mama dans la nuit du 5 au 6 juillet 54 dans le studio Sun de Sam Phillips à Memphis, démontrant ainsi l'importance de ce titre dans la carrière d'Elvis, il est étonnant qu'il n'ait pas interprété ce dernier en juillet et août 69 pour son retour sur scène à Las Vegas. En effet s'il a bien chanté tous ses vieux succès comme All shook up, Hound dog, Don't be cruel, Heartbreak hotel, Blue suede shoes ou Love me tender, il n'a cependant pas inscrit celui ci à son répertoire. Dommage car il aurait pu à cette occasion, s'il l'avait chanté, fêter ses 15 ans d'existence. Finalement après juin 72, il ne le chantera plus très souvent puisqu'il sera remplacé en début de show par CC rider (ce qui fut déjà le cas en janvier et février 72 à Las Vegas et au mois d'avril au cours duquel fut tourné le documentaire Elvis on tour, avant qu'il ne le reprenne pendant sa tournée du 9 au 20/06/72). Cependant, il le chantera encore en début de concert, lors du show du 24/07/75 à Asheville (Caroline du nord) et en medley avec CC rider lors du MS du 20/08/75 à Las Vegas. A noter pour l'anecdote (mais vraiment pour l'anecdote) que cette version extraite du 26/01, est, à priori, la 58° qu'Elvis ait chanté en concert à Las Vegas. Elle est plus rapide et possède plus de cuivre que les précédentes, interprétées en août 70 à Las Vegas pendant l'enregistrement de TTWII. Ici sa voix parait plus rauque à cause peut être de la grippe ou de la moins bonne qualité sonore. En effet pas mal de distorsions pendant toute la chanson. Cependant bonne version qui est déjà paru en imports sur le CD intitulé All things are possible qui proposait la majeur partie du MS du 27/01/71 avec quelques titres du 26/01.

You don't have to say you love me est donc la 1° chanson du CD à provenir du Dinner show du 28/01. L'enregistrement studio date du 6/06/70. Nous possédons 2 versions live d'août 70, celle ci leur est assez similaire avec toutefois beaucoup moins de punch. On entend moins bien la batterie. Un peu de distorsion vers la fin quand le niveau sonore est plus fort. Il faut quand même préciser qu'il est difficile de comparer des enregistrements de la qualité de ceux effectués pour TTWII avec un soundboard recording de moins bonne qualité sonore. Il est donc possible que notre sensation soit faussée par la mauvaise retranscription sonore du concert. Peut être qu'un meilleur enregistrement nous aurait donné une perception plus juste sur sa performance vocale. Ces dernières remarques sont bien évidemment applicables à tous les autres titres du CD. Ceci dit tous le monde s'accorde à dire qu'Elvis, en janv. et fév. 71, était particulièrement peu inspiré et semblait un peu blasé.

Cette version de Love me tender (28/01) ressemble aussi à celles de TTWII avec quand même un son de guitare différent. Cette sensation et peut être due comme je le disais précédemment à la qualité de l'enregistrement. 

Ecrite par Neil Diamond, Sweet Caroline (28/01) faisait déjà partie des titres interprétés en février et août 70 à Las Vegas. Cette version qui débute par un faux départ (Elvis s'excuse ensuite auprès de J.Burton) ressemble plus aux versions de TTWII qu'à celles de fév.70 avec cependant un rythme plus rapide. Mais là aussi il manque de punch dans l'orchestration (surtout la batterie) et dans l'interprétation.

En août 70, You've lost that loving feeling (28/01) durait en moyenne 4 min 10 (plus ou moins suivant les jours); ce soir là comme d'autres d'ailleurs au cours de cette saison, cette version ne dure que 2 min 52. Elvis omet de chanter le 5° couplet (sur 6 en principe), celui qui débute par ''Baby baby I get down my knees for you'' et enchaîne directement avec la dernière phrase du 6°. Dommage car c'est une belle chanson mais il réalise malgré tout une belle prestation vocale un peu différente ce celles d'août 70.

A l'instar du titre précédent, cette version de Polk salad Annie (28/01) est beaucoup plus courte que celles de TTWII (2 min 17 au lieu de près de 5 min). Il commence en supprimant la partie parlée qui lui donnait un certain charme et enchaîne les couplets dans le désordre. A noter qu'à la fin de la chanson les Sweet Inspirations ne reprennent plus en choeur  ''Chic a bom'' comme elles avaient l'habitude de le faire, mais le remplace par d'autres ''paroles beaucoup plus claires '' (du genre ''coca gué gué''). Les versions de 71 ressemblent en fait à celles de 72. Plus de puissance et d'enthousiasme sur celles de 70.

Le groupe ne joue pas pendant la présentation des musiciens mais c'est au cours de  celle ci qu'Elvis interprète Johnny B. Goode juste après avoir présenté James Burton à la guitare et que ce dernier ait joué l'intro. Courte version extraite du 26/01 qui ressemble, en moins bien cependant, à celles d'août 69. Puis après la chanson il reprend et finit la présentation des différents membres du groupe et de l'orchestre.

Issue du répertoire des Beatles, Something a été chantée pour la 1° fois sur scène par Elvis le 10/08/70. Cette version qui date du 28/01 ressemble à celles de TTWII mis à part le fait qu'Elvis rie en 2 occasions vers la fin de la chanson. A l'issue de cette bonne interprétation, il présente Kathy Westmoreland dont c'est ici le premier enregistrement (sur ce titre) sur un CD officiel avant ceux de janv.73 à Hawaï. En effet c'est Millie Kirkham que l'on entend sur les premières versions d'août 70 éditées par BMG. A noter que Kathy Westmoreland fera ses débuts avec le groupe probablement dès le 15/08/70 à Las Vegas. Sur la pochette du CD il est précisé (entre autres choses) que les intros de Johnny B. Goode et de Something ont du être ''réparées'' car elles souffraient de défauts d'enregistrement. Sur le premier titre je n'ai rien remarqué de particulier mais en revanche sur le second, il me semble évident que l'intro jouée à la guitare et au piano provient d'une autre source sonore probablement issue des autres bandes de janv.71 que possèdent BMG puisque ce titre figurait au répertoire de tous les shows enregistrés. Ou peut être s'agit il d'une intro empruntée aux concerts d'août 70.

Présente dans la set list de janv-fév 70, Release me (28/01) ne figurait pas dans celle des concerts filmés pour TTWII, bien qu'elle ait été chantée pendant cette même saison (août-septembre 70). Elle réapparaît ici dans une version plus courte, manquant musicalement de punch et avec un son de guitare différent par rapport à celui de fév.70. Il est dommage que l'on n'entende pas assez l'orchestre derrière lui. Belle prestation vocale néanmoins. Elvis change les paroles et se moque de Charlie Hodge.

Puis il présente et commence à interpréter Love me (28/01), avant de l'interrompre au bout de quelques secondes seulement et de chanter à la place Blue suede shoes (28/01)

version rapide et de courte durée.

Hound dog (28/01): version très rapide avec un bref solo de guitare qui ressemble à celles de 69 et 70 mais néanmoins plus courtes.

It's now or never (28/01): sur ce titre très rare sur scène, la voix d'Elvis est parfois en retrait par rapport à l'orchestre surtout lorsqu'il monte un peu plus, au profit des chours plus présents. Dommage car c'est une bonne version qui ressemble un peu à celles qu'il interprétera un peu plus tard notamment en 77 mais avec la chance (pour moi en tous cas) de ne pas entendre la voix ''particulière'' (pour ne pas être désagréable) de Sherrill Nielsen.

Cette version de Suspicious minds (28/01), est en fait une sorte de transition entre celles de 70 et 72. En effet l'interprétation d'Elvis et celle de l'orchestre se rapprochent plus des versions jouées en 72 tandis que l'accompagnement vocal lui, ressemble plutôt à ceux entendus en 70. Version assez banale où l'on entend Elvis rire probablement au moment où il avait l'habitude de plaisanter avec les Sweet Inspirations. Je préfère les versions de 70 qui ont gardé l'esprit de celles de 69 avec un rythme plus rapide.

Cette interprétation de The impossible dream (28/01) est l'une de ses toutes premières versions et la 3° à être éditée par BMG. Les 2 autres datent du 16/02/72 MS et du 10/06/72 ES. En comparaison avec ces dernières, ici l'intro est plus long, le rythme plus lent et Elvis a la voix plus grave. Les paroles au début de la chanson ne sont pas les mêmes et une partie (le début de la 2° moitié de la chanson) n'est chantée que par l'un des choristes de l'Imperial quartet, Jake Hess, ce qui est nouveau pour nous. A ce propos, à l'écoute on pourrait penser qu'il s'agit de JD Sumner si celui ci n'avait pas commencé sa collaboration avec Elvis pendant la tournée du 5 au 16/11/71. Même si les versions de 71 sont moins abouties que celles de 72, il n'en demeure pas moins qu'elles dégagent beaucoup d'émotions. Il en est de même pour celle-ci malgré la présence inopportune de distorsions quand Elvis force sa voix. Dommage que BMG n'ait pas inclus dans les bonus, la version de ce même titre, enregistrée lors du Midnight show du 28/01, soit quelques heures plus tard. En effet le final est superbement interprété avec énormément d'émotions. C'est pour moi à ce jour la plus belle version disponible que j'ai eu la chance d'écouter. Pour info cette magnifique version est présente sur le CD import Lean, mean and kickin' butt

 Titres bonus :

Mystery train/Tiger man: issue du 26/01, cette version plus courte d'une minute ressemble néanmoins à celles de TTWII. A noter la présence dans la salle de Sammy Davis Junior. Elvis lui parle juste après la chanson en faisant allusion à l'opening night.

There goes my everything (27/01 MS): très bonne interprétation. Elvis, pendant la chanson fait une remarque (désobligeante ?) à son batteur lui demandant de le regarder.

Make the world go away (27/01 MS): très bonne interprétation avec un son de guitare et une façon de jouer le solo différente de la version du 13/08/70.

Là aussi cette version de Love me issue du MS du 27/01 ressemble beaucoup à celle enregistré le 12/08/70 MS lors du tournage de TTWII. Ses versions futures seront plus rapides.

Only believe (27/01 MS): c'est semble t il la première et dernière fois qu'Elvis interprète ce titre sur scène. Bonne version d'un genre (le gospel) qu'il a rarement chanté en public.

How great thou art (27/01 MS): il est vraiment dommage qu'Elvis n'ait pas pris ce soir là, ce titre au sérieux. Il stoppe la chanson juste après l'introduction chantée par les Imperials avant de la reprendre et de la ponctuer de commentaires plus ou moins judicieux. D'ailleurs à la fin il s'excuse d'avoir plaisanté ainsi. Encore dommage car la fin est très bien interprétée. Version qui se rapproche plus de l'originale enregistrée le 25/05/66  que de celles qu'il interprètera plus tard. Dans l'ordre chronologique il s'agit de la première version live éditée par BMG.

Snowbird (29/01 DS): après 2 faux départs la 3° tentative sera la bonne. Très rarement interprétée, la chanson souffre au tout début d'un défaut d'enregistrement qui étrangement, n'est pas aussi prononcé sur la version import. Bonne interprétation avec un rythme plus rapide que la version studio enregistrée le 22/09/70.

Can't help falling in love issu de 26/01 n'est pas le titre qui a clôturé le concert ce soir là lors de l'opening night. Il l'aurait chanté en début de show après Love me tender principalement en raison de la présence dans la salle de Hal Wallis le producteur de Blue Hawaii tourné par Elvis en 61. Il y a de gros défauts d'enregistrement vers la fin de la chanson avec coupure et distorsions. Version légèrement plus rapide que celles d'août 70 mais rien d'extraordinaire dans l'interprétation un peu gâchée par la qualité sonore. C'est la première fois que, sur un CD officiel, nous disposons d'une version de Can't help chantée pendant le concert et non pas à la fin.

Si ce show a bien été enregistré dans son intégralité, comme cela semble être le cas, il ne dure guère plus de 37 minutes. Proposer un spectacle de cette longueur peut être considéré comme un manque de respect vis-à-vis d'un public composé probablement en majorité de personnes venant des 4 coins des Etats-Unis et pour certains d'entre eux, peut être du monde entier. Mais il ne faut pas oublier le fait qu'Elvis était malade en cette fin de janvier 1971 et qu'il aurait pu annuler certains de ces shows. Il ne l'a pas fait et a tenu à respecter la totalité de son engagement. J'ai eu un sentiment de frustration en écoutant ce CD. Sentiment du en partie par le peu d'énergie et d'envie déployé par Elvis tout au long du concert et provoqué aussi par le manque de punch de la bande son. Néanmoins, ce CD a le mérite de nous faire découvrir ce qu'était Elvis en ce début d'année 71. Pas au top, mais cela fait aussi partie de sa carrière. La majorité des titres qui composent le CD sont déjà disponibles, et qui plus est dans une excellente qualité sonore, sur les différents CD issus de TTWII édités par BMG. Autant donc écouter ces versions d'août 70 pour apprécier, à sa juste valeur, la qualité de ces chansons.

Philippe.

 


So High

Review par Philippe ( mars 2004 ) !

Dernier CD (à priori) à exploiter avec bonheur le filon outtakes Studio B de Nashville des années 60 à 68, So High  fait suite aux excellents Essential Elvis vol 6 (BMG 2000), Long lonely highway (FTD 2000), Fame and Fortune (FTD 2002) et Nashville Outtakes Studio B (FTD 2003). Excepté Long lonely highway, qui couvrait toute la période 60-68, So High lui, et à l'instar des 3 autres CD en question, ne traite qu'une partie de cette période, en l'occurrence les années 66 à 68. Comme sur tous les autres CD cités plus haut, la qualité sonore est parfaite voire étonnante pour des enregistrements qui datent pour certains d'entre eux de 1960. Le seul défaut notable du CD, se situe sur le titre So High. En effet à quelques secondes de la fin de la chanson il y a un gros bug (brève coupure mais qui gêne beaucoup à l'écoute)  qui a  incité le label FTD à produire un nouveau pressage qui sera disponible le 1er avril 2004 en même temps que les deux prochaines sorties FTD à savoir The Impossible Dream (soundboard de fin janvier 71) et Memphis 74 (le fameux concert enregistré par RCA le 20/03/74 à Memphis).

En ce qui concerne la pochette, on peut regretter une fois encore le manque de lisibilité des titres qui composent le CD. En effet, orange sur fond marron ce n'est pas une grande trouvaille. La photo de couverture est de bonne qualité malgré le fait qu'il est évident qu'Elvis pose pour l'objectif ; ça manque de spontanéité.  En revanche celle de derrière est un peu pale mais bon, dans l'ensemble ce n'est pas mal du tout.

So high est donc composé de 25 prises alternatives inédites officiellement, enregistrées au célèbre Studio B de Nashville entre 1966 et 1968. A noter cependant que la majorité de ces versions a déjà été éditée en imports mais dans une moins bonne qualité sonore.

Dans l'ensemble assez semblables aux masters originaux, mais avec une qualité sonore supérieure, ces prises alternatives constituent ainsi une très bonne compilation qui nous permet de redécouvrir, sous un autre angle, certains titres que nous avions peut être oubliés.

Voici la liste des titres qui composent le CD :

Run on (enregistré le 25/05/66) est le premier des 18 titres enregistrés entre le 25 et le 28 mai 1966. Ces célèbres sessions marquent les débuts de la collaboration entre Elvis et d'une part Charles Felton Jarvis son nouveau producteur et d'autre part le pianiste David Briggs et le groupe vocal The Imperials quartet. C'est au cours de ces sessions (du 25 au 27) que furent enregistrés 12 des 13 titres qui composent l'album 'How great thou art' sorti en fév 67. Le 13°, Crying in the Chapel a quant à lui été enregistré dans le même studio mais près de 6 ans plus tôt dans la nuit du 30 au 31 octobre 1960 et n'avait pas été retenu parmi les chansons qui composent l'album 'His hand in mine' sorti en novembre 1960. A noter cependant que Crying in the Chapel a été édité pour la première fois en avril 65 sous forme d'un 45 tours avec I believe in the man in the sky comme face B.

Cette prise (la 6) ressemble beaucoup au master take 7. Fait partie de l'album 'How great thou art'.

Stand by me (take 2): 25/05/66  Master  take 11  'How great thou art'

Cette prise comme toutes celles déjà éditées est de bonne qualité et très proche de la version définitive.

Down in the alley (take 6): 25/05/66 Master take 9

Personnellement je trouve que cette prise est meilleure que le master. La musique sonne bien et la basse est très présente.

Tomorrow is a long time (take2): 25/05/66  Master take 3

Là aussi, prise très proche du master de ce titre de Bob Dylan.

Love letters: (take 8)  26/05/66  Master take 9. Sorti en 45 tours en juin 66 avec Come what may en face B.

Première collaboration entre Elvis et le pianiste David Briggs. Ce dernier très impressionné par la présence d'Elvis et de l'autre pianiste Floyd Cramer, souhaitera, pour tenter d'améliorer sa prestation, réenregistrer une autre version 4 ans plus tard dans le même studio lors des fameuses sessions de juin 70 qui précédèrent la 3° saison d'Elvis à Las Vegas.  

So high: (take 1)  26/05/66  Master take 4  'How great thou art'

Version réussie pour une première prise mais avec un gros bug à la fin de la chanson qui est en fait du à un problème de pressage.

By and by: (take 9)  26/05/66  Master take 10   'How great thou art'

Somebody bigger than you and I: (take 11)  27/05/66  Master take 16  'How great thou art'

Très bonne prise comme celles déjà éditées.

Without him: (take 1)  27/05/66  Master take 12   'How great thou art'

If the Lord wasn't walking by my side: (take 6)  27/05/66  Master take 5  'How great thou art'

La particularité de cette prise est qu'elle est postérieure au master.

Come what may: (take 2)  28/05/66  Master take 8

Avant dernier titre enregistré pendant ces sessions, figure sur la face B de Love letters.

Le dernier titre enregistré est Fools fall in love.

I'll remember you: (take 2)  le master est une combinaison des prises 3 et 1.

La musique a été enregistrée le 10/06/66 tandis qu' Elvis ajoutait sa voix le 12.

Superbe version d'un titre qui n'a trouvé sa place que comme bonus sur la bande originale du film  Spinout sorti en octobre 66. C'est aussi le cas de Down in the alley et de Tomorrow is a long time qui figurent sur le CD.

Guitar man: (take 9)  10/09/67  Master take 12

Master issu dans un premier temps sur l'album Clambake puis en face A d'un single sorti en 68.

Mine: (take 4)  10/09/67  Master take 21

Bien qu'elle fasse partie des premières prises cette version est très jolie et dégage beaucoup d'émotions.

Le master est paru sur l'album Speedway

Singing tree: (take 1)  11/09/67  Master take 5

En bonus sur l'album Clambake. A noter qu'Elvis avait fait un premier essai, le jour précédent en enregistrant 13 prises dont aucune n'avait  trouvé grâce à ses yeux. La 13° prise a été édité sur le CD Long lonely highway.

Just call me lonesome: (take 3 et 4)   10/09/67  Master take 1

Là aussi il s'agit de prises postérieures au master sorti sur Clambake.

Hi heel sneakers: (take 5)  11/09/67  Master take 7

Ce titre fut la face B de Guitar man sorti en janvier 68.

You don't know me: (take 2)  11/09/67  Master take 1

Face B du single Big boss man. D'autres versions ont été enregistrées le 21/02/67 pour le film Clambake dans le même studio de Nashville.

We call on him: (take 2)  11/09/67  Master take 9

Face B du single You'll never walk alone sorti en mars 68.

You'll never walk alone: (take 1)  11/09/67  Master (combinaison des prises 8 et 1)

Très bonne version pour une première prise qui figure ici dans son intégralité.

Sorti du master en 45 tours.

Stay away: (take 6)   16/01/68  Master take 15

Il existe une version beaucoup plus lente disponible sur le CD FTD 'Long lonely highway'.

Face B de US male.

US male: (take 11)  16/01/68   Master take 12

Single sorti en février 68.

Too much monkey business: (take 4 et 10)  15/01/68  Prise exacte du master apparemment inconnue.

Elvis a l'air de beaucoup s'amuser pendant l'enregistrement de cette chanson. Merci à FTD de nous avoir fait partager l'ambiance qui régnait dans les studios lors de ces sessions d'enregistrement. Comme ça à petite dose c'est très bien mais il ne faut pas qu'il y en ait beaucoup plus sur un même CD car à force ça deviendrait fastidieux à l'écoute.

Ce titre est apparu sur l'album Flaming star sorti en mars 69

Going home: (take 29)   15/01/68   Master take

Album Speedway

En conclusion je trouve que So High est un album agréable à écouter, composé de chansons de très bonne qualité, d' une excellente qualité sonore et dont la plupart d'entre elles comme Down in the alley, Love letters, I'll remember you, Mine, You'll never walk alone ou Too much monkey business mérite vraiment d'être entendue. On peut se demander pourquoi RCA éditait ces titres tantôt en 45 tours, tantôt disséminés (ou perdus) sur des bandes originales de film. Quoiqu'il en soit leurs présences ajoutent indéniablement un plus à des BO souvent insipides.

Philippe.

 


Dixieland Rocks

Review par Philippe ( décembre 2003 ) !

Distribué en juillet 2001, le CD ''Dixieland Rocks'', comprenant 2 shows incomplets de mai 75, peut être, à mon avis, considéré comme la référence en matière de qualité sonore, comparé à tous les autres concerts édités, sous la même forme (soundboard recordings), par le label FTD. Sous la même forme, car la comparaison ne tient pas compte des 2 meilleurs concerts (je fais allusion ici à la qualité sonore) édités également par FTD. Il s'agit des CD ''Elvis at the International'' et ''One night in Vegas'' enregistrés à Las Vegas respectivement en août 69 et août 70. L'excellente qualité sonore de ces derniers est justifiée par le fait qu'ils ont tous 2 bénéficié d'un matériel d'enregistrement très performant pour l'époque, à savoir d'une machine enregistrant sur 8 pistes pour le premier et sur 16 pour le second.

''Dixieland Rocks'' et les autres concerts distribués par FTD, ont quant à eux été enregistrés directement sur la table de mixage sur seulement 2 pistes (excepté ''Spring tours 77'' enregistré sur 4 pistes) expliquant ainsi leur qualité moyenne. Cependant ''Dixieland'', malgré son mode d'enregistrement, est doté d'une très bonne qualité sonore jamais encore atteinte par les différents CD live de la série, même si celui ci ait été, comme presque tous les autres d'ailleurs, enregistré en mono (pour le moment, seuls ''Tucson 76'' et ''Spring tours 77'' sont en stéréo). J'ai trouvé que le son avait du relief, et beaucoup de dynamisme. Pas l'ombre d'une distorsion comme on peut en trouver sur les CD ''Takin' Tahoe tonight'' ou ''Dinner at 8''. On entend très distinctement tous les instruments et la voix d'Elvis est parfaitement posée sur la musique. Même lorsque le niveau sonore augmente, quand Elvis force sa voix comme sur American trilogy, la qualité est toujours au rendez vous. Néanmoins, pour être le plus objectif possible, il n'y a que sur Bridge (et encore juste quelques secondes vers la 2° minute) que le son sature un peu quand Elvis pousse sa voix. Mais ça ne gêne pas à l'écoute. Un autre petit défaut est la proéminence de la basse de Jerry Scheff sur l'ensemble du concert, mais encore plus marquée sur un titre comme Polk salad Annie. A la fin de la chanson le son de la basse éclipse presque tous les autres instruments. A part ça c'est vraiment très bien.

''Dixieland Rocks '' a été enregistré au Middle Tennessee State University à Murfreesboro dans le Tennessee. Il s'agit en fait de 2 parties de concerts réunies ensemble pour donner l'illusion d'un show complet. Sur la couverture arrière, il est précisé que les 18 premiers titres datent du 06/05/75 et que les derniers, du 19° au 24°, proviennent du soir suivant dans la même salle. Mais il n'est pas certain que ce soit dans le bon ordre. En effet Elvis a bien chanté 2 jours consécutifs à Murfreesboro, mais à la fin  du CD quand il remercie le public juste avant d'interpréter Can't help falling in love, il indique qu'il y aura un autre show le lendemain soir. Donc il est possible qu'il y ait eu une inversion, que la première partie soit issue en fait du 07/05 et que la seconde, contenant Can't help, soit du 06. Il se peut aussi qu'Elvis se soit tout simplement mélangé dans les dates, pensant qu'il lui restait une autre représentation dans la même ville le lendemain soir, ou alors qu'il ait oublié que sa prestation de la veille était aussi à Murfreesboro.

Toujours est il que FTD précise aussi sur la couverture, que les titres issus du 7 mai ont été utilisés car la fin du show du 6 ne figurait pas sur l'enregistrement. A-t-elle été effacée par erreur ou n'a-t-elle pas été enregistrée ? Pourquoi ne pas avoir alors édité en intégralité le concert du 7 mai en y incluant des titres bonus du 6 ? Car il est quand même étonnant que BMG  ne possède ni la fin du 6 ni le début du 7. Dans le cas où  l'intégralité du concert du 7 ait été disponible, peut être que la prestation d'Elvis a été jugée moins bonne que celle du 6. Enfin, et pour en finir avec ce problème de shows incomplets, Ernst Jorgensen a précisé que, bon nombres d'enregistrements n'étaient pas complets car à cette époque les concerts duraient assez longtemps et que les bandes n'avaient pas la capacité nécessaire pour les enregistrer dans leur intégralité. On peut comprendre alors que ces enregistrements ne soient pas complets mais comment expliquer le fait qu'il en existe certains comprenant  la fin du show ? Ces derniers ont ils pu être quand même enregistrés dans leur intégralité ou bien a t il été décidé suivant les jours, d'enregistrer de façon aléatoire, la première ou la seconde partie ? Mystère pour le moment.

En ce qui concerne son contenu, le CD peut être comparé au N° 4 du coffret ''Elvis Aron Presley'' appelé aussi ''Silver box'', distribué en 1998 et composé de titres enregistrés en tournée, en mai et juin 75, édités ensemble pour recréer l'ambiance d'un spectacle dans son intégralité. En effet le répertoire de ces 2 CD est similaire et seulement 4 chansons du dernier ne se retrouvent pas sur ''Dixieland''. Il s'agit de Hound dog, Burning love, How great thou art et du medley Mystery train/Tiger man. Cependant le son reproduit sur ''Dixieland'' est de bien meilleure qualité.

Le choix des titres me parait assez intéressant avec un certain équilibre entre d'une part, les vieux succès comme I got a woman, Love me, All shook up ou Love me tender, d'autre part les titres interprétés régulièrement pendant cette tournée, tels que If you love me let me know, The wonder of you, Polk salad Annie ou Why me Lord entre autres, et enfin des chansons plus rares comme You don't have to say you love me, I'll remember you, Bridge over troubled water et My boy. Cette dernière étant incontestablement la chanson la plus intéressante dans la mesure où il s'agit de la seule version inédite (enregistrée en public) présente sur le CD. En effet tous les autres titres sont déjà disponibles dans leur version live.

La prestation vocale d'Elvis pendant ces 2 shows m'a paru tout à fait honorable et de bien meilleure qualité que celles entendues sur des CD comme ''Tucson 76'', ''Dragon heart'' ou'' It's midnight''. Il semble en bonne forme, de bonne humeur et sa voix est puissante. C'est vraiment un enregistrement agréable à écouter.

La pochette qui contient le CD est, elle aussi assez agréable. Rien d'extraordinaire, peut être même trop sobre, (on peut reprocher à FTD d'être avare en matière d'infos), elle est en tout cas très claire et la liste des titres imprimée sur fond blanc est facile à lire contrairement à d'autres albums de la série où elle est pratiquement illisible. Il semble évident que la photo de couverture ait été retouchée par ordinateur mais je la trouve quand même sympa. Cette dernière n'est pas extraite des 2 shows en question car Elvis ne portait pas ce costume ces 2 soirs là. C'est difficile d'en être sûr, mais il me semble que ce costume est celui qu'il portait lors de la première date de sa tournée d'avril et mai 75 (tournée qui a commencé le 24/04 à Macon et qui s'est terminé le 7/05 à Murfreesboro) et également à Lake Charles (Louisiane) le 04/05/75. Quant au costume qui figure sur la photo intérieure de la pochette (sous le CD), il s'agit bien de celui qu'il portait le soir du 7 mai (le 6 il en porte un autre du même genre mais qui ne figure pas sur les 3 photos de la pochette). Cependant cette photo n'est pas extraite du concert. En effet elle a été prise pendant l'evening show du 27/04/75 à Lakeland en Floride par Keith Alverson ( merci pour l'info Dom) ( cette info m'a également été confirmée par Christophe du site Elvis en Bourgogne - note du Webmaster ) . Même problème avec la dernière photo figurant sur la couverture arrière. Il semblerait qu'il s'agisse aussi du costume du 7 mai, mais celle-ci est de mauvaise qualité (un peu trop pale). FTD aurait pu faire un effort et nous proposer une photo en couleur et de meilleure qualité.

A noter qu'Elvis a déjà chanté à Murfreesboro le 14/03/74 vêtu du costume qu'il portait à Hawaï en janvier 73.

Le CD commence par la traditionnelle intro Also Sprach Zarathustra suivie par une bonne version de CC Rider. Dès les premières notes on sent qu'il a ce soir là, assez de puissance dans la voix, pour nous proposer un show de bonne qualité.

La version de I got a woman qui vient juste après est habituelle pour l'époque et même si je lui préfère celles d'août 70, je la trouve encore très agréable à écouter. Ce n'est plus forcément le cas en 76 ou 77 où il avait pris (en ce qui me concerne la mauvaise) habitude de prolonger la partie dans laquelle intervient plus précisément JD Sumner, à savoir Amen. La chanson dépassait parfois les 6 minutes alors que cette version n'en dure que 4. A noter que ces 2 derniers titres sont déjà parus sur le CD 4 du coffret ''Elvis Aron Presley '' avec cependant un son de moins bonne qualité.

Rien d'extraordinaire dans son interprétation de Love me. Parfois Elvis laissait les choeurs duraient plus longtemps à la fin de la chanson comme sur le coffret ''Silver box''; ce n'est pas le cas ce soir là.

Il paraît que If you love me est un titre qu'il appréciait particulièrement. Ce doit être vrai car il l'a chanté régulièrement à partir de 74. Mais on peut émettre des réserves sur ses goûts et préférences. En effet, même si cette version est correcte, j'ai du mal à comprendre comment il pouvait apprécier autant cette chanson et ne pas aimer Burning love. Et en regardant quelques-uns de ses costumes de scène et la décoration de certaines chambres de Graceland on ne peut pas dire qu'il avait toujours un goût très sûr.

You don't have to say you love me est la première curiosité présente sur le CD, car rarement interprété à cette époque. C'est en effet la première (et la dernière pour le moment) version officielle à être éditée depuis celles de juin 72 au Madison Square Garden. Bonne version mais je préfère quand même celles d'août 70 à Las Vegas où il y avait plus d'émotion dans son interprétation.

Rien de particulier à dire sur All shook up et Teddy bear/Don't be cruel qui suivent si ce n'est qu'Elvis a l'air de bien s'amuser, puisqu'il rit  tout le long des deux chansons.

Souvent chantée pendant cette tournée, la version de The wonder of you qui nous est proposée ici ne peut rivaliser avec celles de 70 tant sur le plan de l'arrangement musical que de l'interprétation. Version correcte mais beaucoup plus d'émotion en 70.

Cette version de Polk salad Annie est un peu différente de celles chantées depuis 74 (évidemment,  je ne parle ici que de celles disponibles officiellement). En effet d'habitude on entend la section cuivre à la fin de l'intro juste avant qu'il ne commence à chanter (c'est le cas sur tous les CD FTD post 70 où la chanson est disponible) mais pas ce soir là. Comme je l'ai souligné précédemment, la basse de Jerry Scheff est un peu trop en avant par rapport aux autres instruments, surtout à la fin. De cette époque je préfère la version de ''Dinner at 8'', où là aussi, la basse est très présente d'ailleurs. Mais les meilleures interprétations restent quand même celles de 70.

Elvis avait à cette époque, et jusqu'à la fin, l'habitude de faire une longue introduction des différents membres qui l'accompagnaient sur scène. Ajouté à cela quelques solos plus ou moins longs de James Burton ou Glen Hardin, et la présentation pouvait atteindre parfois plus de 10 minutes. Un peu trop long je trouve.

Il aura fallu attendre plus de 26 ans pour qu'une version live de My boy soit enfin disponible officiellement. C'est la chanson du CD puisque la seule à être encore inédite en public. Bonne version et bonne prestation vocale d'Elvis. My boy a la particularité (c'est le cas aussi de  Funny how time slips away entre autres), d'avoir d'abord été chanté sur scène avant d'être enregistré en studio.

Nous disposons seulement de 2 versions live de T.r.o.u.b.l.e, et celle ci est la première chronologiquement ; celle du coffret date du 05/06/75. Bonne version, même s'il doit lire les paroles.

I'll remember you a rarement été chantée sur scène. Bien que cette version soit meilleure que celle de mai 73 du CD ''Takin' Tahoe tonight'', je trouve cependant, que celles d'Hawaï dégageaient plus d'émotion.

Why me Lord : là aussi bonne version de ce titre comme d'ailleurs toutes celles que j'ai entendues. Comme presque toujours, Elvis fait rire JD Sumner pendant la chanson.

Très bonne version de Let me be there, souvent chantée à cette époque, avec reprise de la dernière partie. Je trouve que sur ce titre, Elvis exploite au maximum toute la puissance de sa voix comme sur la chanson suivante, American trilogy. Bonne version mais je lui préfère néanmoins celle qui figure sur le coffret argent, enregistrée à Dallas le 06/06/75. En effet, outre le fait qu'il l'interprète avec une formidable aisance, cette version est très rare car il s'agit de la seule version officielle éditée par BMG, où le solo de flûte est remplacé par un solo de trompette.

Pour ma part l'une des plus belles versions live de Fairytale. Un titre qui doit être assez difficile à chanter car il force sa voix pendant la chanson.

Premier titre de ce qui doit être le show du 7 mai, Elvis ne semble pas très à l'aise sur Little darlin' car il se trompe souvent dans les paroles.

Version correcte sans plus de Funny how time slips away.

Je trouve qu'avec les années (après 73), Can't help falling in love a perdu de son intensité, de son émotion. J'aime bien les versions de 72 et surtout celle du 24/08/69 DS à Las Vegas où il se dégage beaucoup d'émotion. Une fois de plus version bâclée de cette très belle chanson. Dommage qu'il ne monte plus à la fin comme il le faisait en 72.

On a droit après le traditionnel Closing riff à 2 titres bonus. Je trouve que c'est ridicule de les avoir ajoutés à la fin du CD puisque nous savons qu'il s'agit d'un montage de 2 shows. Il aurait été plus judicieux de les inclure comme s'ils faisaient partie du concert. Très bonne version de Bridge, pour moi la meilleure parmi toutes celles que nous disposons officiellement depuis celles de 70 et 72. En tous cas supérieure à celle d'octobre 74 qui figure sur le dramatique CD FTD ''Dragon heart''.

Le CD se termine sur une courte version de Love me tender avec les traditionnels baisers donnés aux filles présentes au premier rang. Dommage car là aussi c'est une très belle chanson bâclée au fil des années.

Pour conclure, j'ai trouvé que même s'il n'était pas extraordinaire, ce CD était de bonne facture avec une très honorable prestation vocale d'Elvis, quelques titres rares dont un inédit sur scène (My boy), et surtout une très bonne qualité sonore. On n'en demande pas vraiment plus.

Philippe.

 


Takin' Tahoe Tonight

Review par Philippe ( novembre 2003 ) !

A propos du dernier opus du label FTD, ''Takin' Tahoe Tonight'', il faut avouer que ce dernier ne déroge pas à la règle des commentaires élogieux et du résultat décevant ( voir review sur la politique de BMG, RCA et Follow That Dream - ndw ) . Décevant d'abord sur le plan sonore car la qualité promise n'est pas, une fois de plus au rendez-vous. J'ai trouvé dès la première écoute, que le son manquait de profondeur, de relief et de dynamisme avec aussi beaucoup d'échos et de distorsions quand Elvis force sa voix ou que l'orchestre joue plus fort. Ces distorsions sont désagréables gâchant énormément le plaisir d'écouter le CD. Elles ressemblent à celles que l'on peut entendre aussi sur le CD ''Dinner at 8'', bien que celui-ci soit globalement de meilleure qualité. On est loin de la qualité sonore de ''Dixieland rocks'', qui est pour moi la référence en matière de soundboard.

Décevant aussi quant à la prestation d'Elvis ce soir là. En  effet je ne l'ai pas trouvé particulièrement en super forme contrairement à ce que j'ai pu lire sur le net, se trompant souvent dans les paroles et paraissant penser à autre chose sur certains titres. On peut tout de même lui accorder des circonstances atténuantes car il s'agit du 3ème show proposé au cours de la même soirée et qui plus est à trois heures du matin. Nous présenter le 1er ou 2ème concert aurait été peut être de bon aloi.

Dommage car ce show est intéressant à plus d'un titre. Premièrement et contrairement à d'autres soundboards édités par FTD où il n'y avait pas grand chose de nouveau, celui ci mérite d'être découvert car certains titres interprétés par Elvis sont plutôt rares voire inédits en CD. Je pense à Help me make it through the night, Steamroller blues, My way, What now my love, I'll remember you, Bridge over troubled water, It's over, Faded love, I'm leavin' et A big hunk o' love.

Ensuite il s'agit du premier concert enregistré à Lake Takoe (en 73 de surcroît constituant une première aussi puisque cette année n'avait pas encore été traitée par FTD) à être édité en soundboard par FTD (il existait déjà en audience recordings mais seulement en imports). Le label avait d'ailleurs envisagé de le distribuer dès 2000, mais Ernst y avait finalement renoncé (le remplaçant par Long lonely highway), invoquant à l'époque des problèmes de droits. Cela paraît vraisemblable car ce n'est pas l'orchestre de Joe Guercio qui est crédité sur la couverture du CD mais celui d'Al Tronti. Toutefois il existe au moins deux précédents, qui n'ont pas apparemment posé de problèmes particuliers, avec les concerts du 10/06/72 au Madison Square Garden. En effet Joe Guercio ne dirige pas ce jour là (et c'est probablement le cas pour les 9 et 11/06) son orchestre mais celui de Joe Malin.

Enfin je trouve la pochette de bien meilleure qualité que celle, assez étrange, de ''Dragon heart''. Les photos correspondent bien au concert et la couverture montrant l'hôtel est originale.

Voici mes impressions sur les titres composant le CD, en soulignant le fait que ce concert puisse être comparé à ceux de  janvier 73 (12 et 14) à Hawaï, dans la mesure où, d'une part le répertoire y est similaire avec pas moins de 15 chansons en commun dont certaines relativement rares dans la discographie officielle live d'Elvis (Steamroller blues, My way, What now my love, I'll remember you, It's over,Abig hunk o' love), d'autre part seulement quatre mois séparent ces deux évènements. et enfin les concerts en question manquent tous à mon avis d'énergie et de dynamisme.

Le show débute avec la traditionnelle intro 2001 suivit d'une habituelle version pour l'époque de CC Rider. Je n'ai pas trouvé de rythme Fox Trott sur ce titre comme j'ai pu le lire quelque part sur Internet. Bonne version même si toutefois je préfère nettement celles de février 70 plus rapides et chantées avec plus d'énergie.

Je ne sais pas vraiment si Elvis a chanté régulièrement I got a woman en 73, mais je trouve ici que c'est une bonne version qui n'a pas, elle non plus, la même pêche que celles d'août 70. De plus il est dommage que sa voix soit en retrait par rapport à la musique surtout au début. Mais ça passe bien quand même.   

J'aime bien l'arrangement musical de Help me make it through the night, le titre suivant, avec beaucoup de violons, mais là encore il manque de punch et je lui préfère la version de ''Dinner at 8''.A la fin il y a comme un goût d'inachevé.

Comblant l'absence de Jerry Scheff, je trouve que l'on entend particulièrement bien la basse d'Emory Gordy sur Steamroller blues. Ce dernier a travaillé pour la première fois avec Elvis dans le célèbre studio C de RCA à Hollywood pour les sessions d'enregistrement de mars 72, au cours desquelles des morceaux comme Always on my mind ou Burning love (entre autres) furent créés. Bonne version de Steamroller comme souvent d'ailleurs, mais ma préférée reste néanmoins pour l'instant, celle du 12/01/73 à Hawaï.

Les problèmes sonores, avec échos et distorsions, commencent réellement avec You gave me mountain. Bonne version tout de même avec violons et flûtes qui ressemble à celles d'Hawaï. Ma préférée est celle de juin 77 extraite de l'album ''In concert ''.

Les versions de Love me et Blue suede shoes qui suivent sont assez similaires à celles d'Hawaï. Rien d'extraordinaire.

Le medley rock qui vient ensuite contient plus de titres que celui d'Hawaï mais dommage qu'Elvis ne puisse  déployer la même énergie que celle montrée par exemple en mars de l'année suivante sur ce même medley.

My way ressemble aussi à la version d'Hawaï du 12/01/73 avec violons, flûtes et cuivres. Mais alors qu'il chante habituellement 7 couplets différents, là il n'en interprète que 6 dont 2 fois le même (le 6°) et il omet, involontairement à mon avis, d'en chanter 2 autres (le 3° qui commence par ''Regrets I've a few.'' et le 4° commençant par ''I planned each.''). De plus et exactement au même endroit que sur la version d'Hawaï du 12/01/73, il ne se souvient plus des paroles dans le 5° couplet (qui ce soir là devient le 4°). Ouf ! Il y met cependant plus d'énergie à la fin que sur celle d'Hawaï. Tous ça pour dire, que même s'il a souvent eu des problèmes avec les paroles de cette chanson, à cette heure là de la nuit il commençait à être fatigué. Ma version préférée reste toujours celle de juin 77 (In concert).

Cette version de Hound dog ressemble plus à celles de 72 avec changement de tempo, qu'à celles de Hawaï.

What now my love est intéressante car elle devient la première et dernière version officielle en dehors de celles d'Hawaï. Elle est ici un peu plus rapide mais très similaire.

Suspicious minds devient aussi la dernière version dont nous disposons officiellement. A part ça rien de bien nouveau. J'ai un faible pour celles de 74.

Sur I'll remember you il y a beaucoup d'échanges avec le public. Il rit souvent, ce qui a pour effet de la rendre moins poignante. Plus d'émotions à Hawaï.

D'un point de vue sonore, I can't stop lovin' you est la pire chanson du CD. Enormément d'échos et de distorsions quand le niveau sonore augmente. Très désagréable et très difficile à écouter. Dommage car je trouve que c'est une très bonne version, Elvis y met beaucoup de coeur et d'énergie.

Première édition de Bridge avec reprise de la dernière partie. C'est l'une des plus belles chansons interprétées ce soir là, mais là encore gâchée par la qualité sonore. Personnellement je préfère quand même les versions de 72, et en particulier celle du 14/04/72 à Greensboro enregistrée pour le documentaire ''Elvis on tour''. A propos de Greensboro je vous conseille, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, ce CD édité en import avec une excellente qualité sonore bien qu'il soit en mono comme Takin' Tahoe d'ailleurs.

Le public réclame alors The impossible dream et For the good times, mais malheureusement ces titres ne figurent pas au programme et il interprète à leurs places Funny how time slips away. Bonne version qui ressemble à celles de 72.

L'intro de It's over est plus courte que sur les précédentes versions disponibles en CD. Une fois de plus il se trompe de paroles mais y met plus de puissance à la fin. Il y a quand même plus d'émotions sur celles d'Hawaï.

Dommage que là aussi le son sature dans les moments les plus élevés.

Trop rapide au début puis ensuite trop lente, il faut quelques secondes au groupe sous les indications d'Elvis, pour trouver le bon tempo. Cependant bonne version inédite de Faded love, la curiosité du CD. Là aussi on entend bien la basse.

Version habituelle de Can't help falling in love, rien de plus mais interprétation inédite du closing riff. C'est en effet la première fois que je l'entends jouer de cette manière.

Titres bonus enregistrés le même jour, semblerait il au cours du show précédent :

Très bonne version de I'm leavin', par contre A big hunk o' love manque d'énergie comparé aux versions de 72.

A noter que l'orchestre rejoue l'intro 2001 à la fin du concert après le closing riff. Malheureusement elle ne figure pas sur le CD, et bien que ce bonus ne soit pas d'un intérêt capital, cet événement inédit aurait ajouté un plus indéniable au CD.

En fin de compte je n'ai pas regretté l'acquisition de ce CD, mais j'ai été quand même un peu déçu par la qualité sonore et par la prestation d'Elvis qu'on annonçait excellentes.

Philippe.

 


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La Politique de BMG, RCA et Follow That Dream

Par Philippe ( novembre 2003 ) !

Je voudrais souligner quelques aspects négatifs de la stratégie commerciale du label BMG/RCA/FTD.

On  peut voir souvent sur les différents sites et forums consacrés à Elvis, des commentaires plus ou moins critiques sur la politique de distribution de BMG, tant sur leur label régulier que sur celui de Follow That Dream.

Il est, me semble-t-il, légitime en tant que consommateur, de se poser des questions, notamment à propos du choix et de la fréquence des produits proposés. En effet sur quels critères les têtes pensantes de BMG se basent-ils lorsqu'ils décident du contenu d'un CD ou d'un coffret, en sachant bien évidemment que leur but, en tant que société distribuant des disques, est d'en vendre le plus possible pour générer des profits ? Pour atteindre cet objectif, il leur faut donc proposer du matériel susceptible d'intéresser le plus grand nombre. Malheureusement je ne pense pas qu'ils y parviennent toujours, et c'est là, justement en ce qui concerne les choix, que leurs décisions sont souvent discutables, incitant de nombreux fans à se montrer critique, risquant par le fait de passer pour des gens qui crachent dans la soupe. Or ce n'est, bien évidemment, pas le cas puisque l'intérêt de tous réside dans le fait que BMG soit en assez bonne santé financière, pour être ainsi en mesure de continuer à nous proposer du matériel inédit, notamment par l'intermédiaire du label FTD. Et c'est plutôt (non non pas le chien) la passion pour la musique d'Elvis et la déception vis à vis de certains choix, qui motivent ce genre de reproches.

A l'époque de l'explosion des moyens de communication et du développement d'Internet en particulier, je pense que BMG serait bien inspiré d'être à l'écoute des souhaits de tous les fans (à quand la sortie d'un soundboard de 71 par exemple ?). Mais force est de constater que cela a déjà été fait, puisqu'il semblerait que la sortie du concert du 31/12/76 à Pittsburgh, répondait à une forte demande. Et même si la qualité sonore de ce CD est médiocre (pour ne pas dire mauvaise), ce genre d'initiative doit être souligné et encouragé.

En revanche, à propos de choix discutable, je trouve que FTD s'est lourdement trompé dans l'édition de leur premier concert en qualité soundboard. En effet la décision de sortir un concert de 76, en l'occurrence ''Tucson 76 '', n'était pas des plus judicieuses quand on sait que cette année (et en particulier cette tournée car la fin 76 est de bien meilleure qualité) ne figure pas, à mon avis, parmi les meilleures dans la carrière d'Elvis. Or, il s'avère que ce concert de juin 76, est moyen et que son seul intérêt (cependant de taille c'est vrai) est la présence dans le set list de Danny boy chanté par Elvis et non par Sherrill Nielsen comme cela s'est déjà produit. Si par cette édition, le label voulait avant tout nous proposer cette version rare, il aurait pu l'inclure dans une sorte de compilation regroupant d'autres titres remarquables interprétés au cours de cette même tournée, à l'instar de ce qui a été fait un peu plus tard avec la sortie de ''Spring tours 77''. Je suis personnellement favorable à ce genre de concept, qui nous évite de collectionner pour la énième fois des versions moyennes de titres comme CC Rider, Love me ou autre If you love me let me know.

Il n'est pas question de reprocher à posteriori  à Elvis d'avoir proposé parfois des concerts de qualité moyenne mais plutôt (non non ce n'est toujours pas le chien) de blâmer FTD d'en avoir distribué quelques-uns. Mais l'avenir nous dira si le label en possédait d'autres de bien meilleure qualité.

Autre reproche que je formulerais à l'égard de BMG, concerne l'édition ici et là de quelques titres live enregistrés à Las Vegas en août 70 pendant le tournage de TTWII. Je pense notamment à des chansons comme In the ghetto ou Stranger in the crowd. En effet 70, contrairement aux années 76 ou 77, est incontestablement avec 69 l'une de ses meilleures périodes autant sur le plan  vocal qu'au niveau des shows proposés. Il aurait été plus intéressant d'éditer entièrement les concerts contenant ces titres, de manière à replacer ces derniers dans leur contexte par rapport aux autres chansons. Un des concerts en question est le dinner show du 13/08/70.

Enfin je tiens aussi à relever un autre travers très gênant de la politique de communication adoptée par FTD par l'intermédiaire de Ernst Jorgensen. Il s'agit en fait des commentaires élogieux qui accompagnent invariablement chaque sortie d'albums live. On nous promet systématiquement un super concert, un Elvis au top de sa forme et une qualité sonore proche de la perfection. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas et le résultat s'avère souvent inférieur au produit espéré. En ce qui me concerne, je trouve que ces commentaires excessifs nuisent finalement à notre façon d'appréhender le concert et sont la principale raison de notre éventuelle déception. Déception engendrée par les commentaires plus que par le produit en lui-même. Que BMG continue de nous proposer du matériel inédit de qualité, comme cela a déjà été fait, et qu'il nous laisse le privilège de juger le produit sans tenter de nous influencer. La qualité justement, il va sûrement en être question avec l'édition en cette fin d'année, de trois bandes originales de film et du dernier volet des enregistrements effectués à Nashville pendant les années 60.

Philippe.